L’ histoire des grèves SNCF en chiffres

 

La SNCF a mis à disposition sur son site, de nombreuses données par rapport à ses grèves du passé. Celles-ci sont accessibles à tous. Nous nous en sommes alors servi pour te présenter ce tableau :

 

Ces chiffres sur l’histoire des grèves SNCF sont bien plus significatifs que de simples mots. La colonne la plus intéressante est celle des « Journées perdues par agent ». C’est grâce à cette colonne que l’on peut se rendre compte de l’impact des grèves. Egalement, les répercussions engendrées sur le trafic de la SNCF sont bien visibles. Avec seulement ces chiffres on peut te citer 3 années qui ont marquées l’histoire des grèves SNCF :

  1. La grève de 1968 avec 4 680 000 journées perdues et un ratio de 14,63 journées perdues par agent, des chiffres impressionnants ! 😱
  2. La grève de 1953 avec 3 000 000 journées perdues et un ratio de 7,52 journées perdues par agent, moitié moins que la précédente mais tout de même importante, c’est dire l’impact de la grève de 1968.
  3. La grève de 1947 avec 3 000 000 journées perdues et un ratio de 6,49 journées perdues par agent, soit la première année de grève d’une longue série chaque année…

Mais ces grèves SNCF très impactantes ont eu lieu il y à de cela un demi-siècle. Aujourd’hui de telles grèves seraient inenvisageables. Elles provoqueraient un manque à gagner énorme pour la SNCF et un coup de frein pour l’économie française. L’économie serait affectée du fait de l’impossibilité d’une partie des 25 millions de français actifs, de se rendre à leur lieu de travail. Si une telle grève devait arriver, cela coûterait très cher au pays.

Cependant, en dix ans, la SNCF a tout de même perdue 2 400 000 journées. Ce chiffre est inférieur aux années 1968 et 1953 mais avec des effectifs bien plus réduits. Aujourd’hui les effectifs de la SNCF ont évolué avec une tendance à la baisse nette. En effet, ceux-ci sont passés de 462 000 agents en 1947 à 144 000 en 2017. Soit une réduction de plus du double ! Ces pertes en dix ans sont alors bien un signal d’alarme fort pour la Société Nationale des Chemins de Fer Français.

 

L’histoire des grèves SNCF : raisons, revendications, répercussions

1947 : les prémisses des grèves annuelles à la SNCF

Cette grève à été initiée à la source par la régie de Renault à Boulogne-Billancourt, au lendemain d’une réduction des rations de pain quotidiennes, instaurée par le cabinet Ramadier. Par la suite la grève s’étend dans les banques, dans les grands magasins et aux grandes entreprises comme Citroën, EDF ou encore … la SNCF ! Cette grève va s’étendre sur plusieurs mois en plus d’être amplifiée par la dénonciation du plan Marshall, courant septembre 1947 …

Au total ce seront 23 371 000 journées perdues que l’on comptabilisera à travers la France et les différentes compagnies.

 

1953 : la seconde grève SNCF la plus importante

Cette grève touchait principalement la fonction publique. Effectivement, le Gouvernement venait de recevoir tout récemment la possibilité de gouverner par décrets-lois grâce à l’Assemblée Nationale. Il décide alors de se lancer dans de nouvelles réformes. Le Gouvernement entendait donc effectuer un blocage des salaires ainsi qu’une prolongation de l’âge de départ à la retraite.

Ce mouvement de grève a alors touché en premier lieux les PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones) puis d’autres services publics comme Air France, la RATP ou encore la SNCF. Le Gouvernement aura tenter de faire passer ces décrets durant le mois d’août afin d’éviter tout heurt. Cependant cette idée se conclura par un échec, voire même par une intensification du mouvement de grève. Ce sont bien 2 millions de grévistes au 7 août et 4 millions à la mi-août que l’on décomptait ! Les grévistes luttant contre ces réformes auront au final gain de cause et aucun de ces décrets ne sera appliqué.

Cette grève aura tout de même engendré un total de 3 000 000 journées perdues. Le ratio aura également atteint 7,52 journées perdues par agent, ce qui plus que considérable ! La SNCF a donc sûrement connu de lourdes répercussions financières entre autres.

histoire des grèves SNCF - Grève RER

1968 : la plus grande grève SNCF

La grève de mai 1968 a marqué l’histoire des grèves SNCF. Cette année se situe dans un contexte plein de tensions entre la SNCF et les cheminots. A cela s’ajoute les tensions entre les étudiants et le Gouvernement. Le climat en France est donc particulièrement tendu et va empirer en mai 1968. Il s’agira alors du plus grand mouvement social en France au XXème siècle (mais aussi de nos jours). L’esprit « collectif » de ce mouvement est d’ailleurs souvent utilisé en tant que référence.

Le 17 mai 1968 est une date clé puisqu’il s’agit du jour ou le mouvement de grève va affecter la SNCF. Celle-ci sera tant touchée qu’elle en sera totalement immobilisée. Le trafic sur le réseau SNCF sera alors nul. Mais ce jour est également le lancement de la grève dans d’autres compagnies et entreprises. On retrouve notamment la Poste (PPT), la RATP ainsi qu’un grand nombre de grandes entreprises et services de l’Etat. Dans la plupart des cas, les cheminots et salariés occupent les locaux du lieu de travail. Ils iront jusqu’à retenir les dirigeants et cadres de l’entreprise dans les locaux également.

Le 20 mai 1968 on décomptait entre 7 et 9 millions de grévistes à travers la France ( sur les 15 millions de salariés de l’époque, ce qui est énorme ! ). On connait alors les revendications des grévistes de la SNCF : « droits syndicaux ; 40 heures ; augmentations des salaires et pensions ; défense des nationalisations ; abrogation des ordonnances« , d’après l’article du blog de Jean-Marc B.

A la suite de cette période de grèves intenses (qui ont durées plus ou moins 1 mois), le Gouvernement et les syndicats signent les célèbres accords de Grenelle. Ils entraînent une hausse de 35% des salaires pour le SMIG et de 10% pour les salaires réels.

 

1986-1987: un hiver difficile pour la SNCF

Durant cet hiver entre 1986 et 1987, la SNCF connait une période rude. Effectivement, entre le 18 décembre 1986 et le 15 janvier 1987, la Société nationale des chemins de fer français vie 4 semaines de grèves intensives. Elles font suite à l’arrivée d’une nouvelle grille des salaires et à des conditions de travail dégradées.

Par la suite début janvier, d’autres services publics deviennent également des victimes de la grève comme ça a été le cas de la RATP et d’EDF. Heureusement pour la SNCF, le mouvement de grève diminue et le trafic peut reprendre partiellement à partir du 9 janvier. Cependant les cheminots dénoncent  » retourner au travail la rage au ventre ». Ils pensent ne pas être écoutés.

 

1995 : une grève de lutte contre la nouvelle réforme des retraites

Cet épisode de l’histoire des grèves SNCF a duré une vingtaine de jours. Elle paralysait le trafic ferroviaire entre le 24 novembre et le 15 décembre 1995. La cause de cette grève en 1995 ? Le projet de réforme des régimes de retraites proposé par le Premier ministre à l’époque, Alain Juppé. De plus, il était également question d’un nouveau contrat entre les deux parties que sont l’Etat et la SNCF.

La solution à cette grève ? Alain Juppé et le Gouvernement doivent revenir sur leurs positions. Leurs projets engageaient un mouvement de grève trop important. Ils finissent par annoncer le gel de ces réformes. Malheureusement, un acteur a été plus touché que les autres dans ce conflit entre l’Etat, la SNCF et les cheminots. Ce n’est autre que le président de la SNCF du moment, Jean Bergougnoux, qui a dû démissionné le 15 décembre 1995.

 

1997 : des cheminots aux contrôleurs

Le grand public fait souvent un amalgame entre les grèves SNCF et les cheminots qui y sont, certes très souvent liés et impliqués, mais il n’y pas qu’eux qui peuvent se soulever lors de mouvement de grèves. C’était justement le cas lors de cette grève de 1997. Ce sont bien les contrôleurs qui se révoltaient contre leur nouvelle désignation d' »agents commerciaux de trains » ainsi que la réorganisation de leur travail qui va avec. Egalement, ils possédaient comme autres revendications : la mise à disposition d’effectifs supplémentaires ainsi qu’une revue des primes à la hausse.

D’après le 20 minutes, « Le mouvement est suivi par 60 à 80 % des agents concernés. Selon la direction le mouvement a coûté 60 millions de francs par jour à l’entreprise publique (près de 12 millions d’euros), soit près de 72 millions d’euros au total« . Cette grève des contrôleurs a donc eu de lourdes répercussions chez le géant du réseau ferroviaire français.

 

2001: le cas « cap clients »

Ce mouvement a lui, eu lieu entre les mois de mars et d’avril 2001. Il s’agit alors d’un conflit entre employeur et salariés. Les agents de conduite se sont mobilisés deux semaines durant en tant que grévistes. Leurs revendications étaient basées sur des revalorisations salariales et d’aller à l’encontre du projet du président Louis Gallois. Ce projet en question porte le nom de Cap Clients et a pour but de « réorganiser les activités de l’entreprise publique en fonction de ses différents clients pour mieux répondre à leurs besoins. » comme nous le dit le journal Libération dans son article « Cap Clients », projet en souffrance.

Le successeur emblématique de Jean Bergougnoux, Louis Gallois annonce alors le 5 avril 2001 une « pause » de son projet de réorganisation de l’entreprise selon les secteurs d’activités et donc basé sur les clients.

 

2007 : le régime des retraites, encore et toujours au coeur du débat

Alors que Nicolas Sarkozy est le président actuel en France, il a promis une nouvelle réforme concernant les régimes spéciaux de retraite. S’enchaînent alors quinze jours de trafic ferroviaire perturbé par la grève des cheminots durant l’automne 2007.

La mobilisation de grève se dissipe alors que les négociations entre l’Etat, les syndicats et la direction de la SNCF débutent le 21 novembre 2007. De plus, la SNCF ne s’en tirera pas indemne puisqu’elle consacrera des millions d’euros de dédommagement à ses clients lésés par ces jours de grève.

 

2010 : une année frappée d’une double grève

Deux grèves distinctes ont secouées la SNCF en 2010 sur deux périodes distinctes. La première à paralysé les lignes durant deux semaines en avril. Cela suite à l’appel du syndicat de la CGT et de Sud-Rail. Ceux-ci souhaitaient aller à l’encontre d’une réorganisation par branche. Cette réorganisation visait plus principalement l’activité fret. Cette grève a pris fin sans négociations et n’a rien apporté en terme de répercussions positives. La SNCF a seulement connu une nouvelle fois un grand manque à gagner.

Cette paralysie du trafic ferroviaire était de plus, synchrone avec la paralysie du trafic aérien dû à l’éruption du volcan islandais… Un enfer pour les voyageurs ! Si tu as été dans ce cas plutôt problématique et que tu ne veux pas le revivre, on te conseille d’aller lire notre article sur les solutions alternatives pour se déplacer !

En seconde partie d’année, après l’été, ont eu lieu 17 jours de grève pour les salariés de la SNCF. Mais ce ne sont pas les seuls ! Alors qu’en juin, le gouvernement Sarkozy à lancé une réforme brutale sur le report de l’âge pour partir à la retraite, c’est bien un mouvement interprofessionnel qui voit le jour. Des salariés du secteur public comme du secteur privé se mettent en grève. S’enchaînent de nombreuses manifestations. On dénombrait plus d’un million de personnes mobilisées.

 

2014 : la réforme du secteur ferroviaire

La grève au sein de la SNCF en 2014 a pour source le projet de réforme de l’Assemblée Nationale concernant le secteur ferroviaire. En effet, ce projet a pour but de regrouper la SNCF et le Réseau Ferré Français sous une même holding publique. A cette annonce, les salariés de la SNCF ont fait grève 14 jours durant.

Cependant le mouvement de grève s’essoufflait un peu plus chaque jour et a fini par s’y résoudre. Le projet a été adopté le 21 juillet suivant par les députés.

 

2018 : plus longue grève depuis 30 ans

C’était il y a bientôt un an que syndicats et salariés SNCF se sont révoltés contre l’ensemble des réformes de la SNCF souhaitées par le Gouvernement. Parmi ce projet de réforme, on retrouve notamment certains points capitaux :

  • Le risque de privatisation de l’entreprise publique jusqu’à maintenant. Le projet de loi du Gouvernement voudrait transformer le statut social de la SNCF en Société Anonyme et la faire donc rentrer dans le secteur privé. Une telle loi provoquerait de lourds changements.
  • La fermetures de lignes peu fréquentées et coûteuses.  Ce dernier point à d’ailleurs été mis en avant par le rapport Spinetta. Selon celui-ci, les 9 000 km de lignes peu fréquentées, ne sont pas rentables. Elles coûtent donc cher à la SNCF. Pour les cheminots, moins de lignes régionales c’est également moins de postes à pourvoir…
  • Le changement de statut pour les cheminots. Le statut de cheminot en passe d’être supprimé, ça n’a pas beaucoup plu à ceux qui le possède… Ce statut accorde certains avantages, et est d’autant plus, un symbole fort des acquis sociaux des cheminots. Tous ces épisodes précédemment cités, de l’histoire des grèves SNCF pourraient n’avoir servi à rien si ce statut venait à disparaître.
  • La dette de la SNCF, un sujet sous tensions. Les syndicalistes demandent à l’Etat de prendre ses responsabilités. Ils lui reprochent d’être à l’origine de cette dette record de 50 milliards d’euros…

Cette grève aura duré 36 jours en tout. Heureusement pour les voyageurs et clients de la SNCF, l’entreprise avait prévu les jours de grèves. En effet, il s’agit le plus souvent de deux jours consécutifs. Ceux-ci s’espaçaient par trois jours de trafic normal, et ce sur trois mois (avril, mai et juin).

Les résultats de cette grève sont très mitigés pour les syndicats ayant lutté. La SNCF est devenue une société anonyme mais au caractère incessible… Est-ce tout de même un pas vers la privatisation ? Egalement les nouveaux embauchés ne disposeront pas du statut de cheminot. Seuls ceux qui le possèdent à l’heure actuelle le garde. Enfin, l’Etat a annoncé reprendre une partie de la dette de la SNCF en deux temps. Tout d’abord 20 milliards en 2020 pour l’arrivée de la concurrence sur le réseau ferroviaire. Puis 10 milliards en 2023.

 

L’histoire des grèves SNCF est alors bien un combat incessant. Celui-ci évolue chaque année avec de nouveaux débats, de nouvelles questions et revendications… La seule question des voyageurs d’aujourd’hui, est de savoir comment voyager malgré les grèves SNCF ? Certaines plateformes émergentes telles que Tictatrip vous changeront la vie ! Elles vous proposent des trajets liant covoiturage, train et bus pour minimiser le temps de trajet et le prix ! Autrement, vous pouvez utiliser directement les grandes compagnies de bus : Ouibus, Flixbus… ou de covoiturage avec BlaBlaCar.

 

Catégories : Revue de presse

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Retour sur les actualités SNCF du 1er trimestre 2019 - · 21 mars 2019 à 15 h 30 min

[…] mois. Vous pouvez retrouver plus d’informations le concernant à travers notre article : l’histoire des grèves SNCF. Celui-ci était en effet très conséquent et cela s’est ressenti au sein de la SNCF. La […]

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