Si les cheminots renoncent à prolonger la grève SNCF cet été, nous entamons le dernier mois de mobilisation. Aujourd’hui nous souhaitons revenir plus en détails sur les conséquences de la grève perlée. Car si cette dernière dure depuis deux mois, ses impacts n’ont pas attendu aussi longtemps pour se manifester. Découvrez sur qui et comment la grève SNCF a des conséquences mais aussi à qui elle profite en réalité.

Qui sont les premiers impactés ?

C’est vous ! Vous avez beau n’y être pour rien dans toutes ces histoires de réformes, ce sont toujours les usagers qui trinquent en premier. En effet, vous avez toujours besoin de vous rendre au bureau ou tout simplement de profiter de vos congés … ailleurs. Or ces suppressions de train à répétition vous coûtent bien plus que votre patience. C’est ce que rapporte les nombreux témoignages de voyageurs récoltés par 20 minutes.

Des frais supplémentaires

Tout d’abord, ce rythme de 2 jours de grève SNCF tous les 5 jours vous demande de mettre un peu plus la main au porte-monnaie. Vous pouvez vous voir contraint(e) de voyager en covoiturage, en bus, voire de louer une voiture pour honorer vos horaires de travail.

Bien que ces moyens de transport soient généralement moins chers que le train, cela concerne généralement les moyens et longs trajets. Les trajets domiciles-travail eux, échappent à cette règle. Surtout que vous devez continuer à payer votre abonnement mensuel en parallèle.

Cependant, ces dépenses indésirables ne sont rien face aux autres désagréments que la grève SNCF vous cause.

Une perte de temps ahurissante

Payez plus cher pour éviter la grève, cela passe encore. Devoir vous levez plus tôt pour faire du covoiturage et arriver en retard, au bout de deux mois, ce n’est plus possible. Si certains usagers interviewés affirment que leur hiérarchie sont compréhensives, ils se demande pour combien de temps.

De plus, cela vous pose de grands challenges d’organisation aussi pour votre vie de famille. Dans cet article, beaucoup de mamans confient leurs inquiétudes. Elles sont incapables de prévoir l’heure à laquelle elle rentreront le soir, la circulation des trains étant aléatoire.
Et leurs enfants aussi sont indirectement concernés. Leurs mères sont contraintes de les lever plus tôt pour les emmener chez la nourrice pour qu’elles-mêmes puissent espérer être à l’heure. Le soir, c’est l’inverse. Elles reviennent chercher leurs enfants beaucoup plus tard qu’à l’habitude lorsque leurs proches ne sont malheureusement pas disponibles pour les dépanner.

Pour d’autres, ce sont leurs jours de repos qui en pâtissent. Afin d’éviter la grève SNCF au maximum, certains employés témoignent qu’ils posent délibérément leurs congés sur les jours de grèves. Une solution qu’ils ne pourront bientôt plus exploiter, le nombre de jour de mobilisation étant plus nombreux que les RTT.

Une pression quasi-constante

Enfin, la grève SNCF a de graves conséquences sur votre santé mentale mais aussi physique. La grande majorité d’entre eux se déclarent très irritable et étouffés par le stress. Effectivement, même en dehors des jours de grèves, certains syndicats poursuivent leur actions sur certaines lignes. Cela entraînent notamment des suppressions de trains supplémentaires imprévisibles pour les usagers.

C’est un autre reproche qui est souvent fait à la SNCF. Le maintien ou non des trains est généralement donné la veille du départ, ce qui compliquent d’autant plus l’organisation des voyageurs. La fatigue s’accumule est se reporte également sur leurs employeurs et proches qui doivent aussi composer avec.

Cependant, si la SNCF tente de se racheter en remboursant une partie des abonnements et en proposant des solutions alternatives, certains usagers se détournent tout simplement de la compagnie publique. À la place, ils se tournent vers d’autres transporteurs.

Les vrais vainqueurs de la grève SNCF

Ce sont probablement les seuls acteurs pour qui la grève SNCF est une aubaine. Grâce au ras-le-bol des voyageurs vis-à-vis des trains, les bus et le covoiturage ont le vent en poupe, pour le plus grand plaisir de ces compagnies de transport.

L’opportunité de BlaBlaCar d’être (enfin) rentable

Les conséquences de la grève SNCF sur la licorne leader du covoiturage en France sont plus qu’heureuses. Dès les premiers jours de perturbation, la plateforme a observé sa demande multiplier par 10. Une telle hausse, même BlaBlaCar ne s’y attendait pas. Pourtant ses équipes l’avaient anticipée … mais seulement de 3 fois !

Loin de s’en plaindre, la start-up a décidé de prendre le problème à bras le corps pour satisfaire ce nouvel afflux de clientèle. Pour cela, elle a notamment conclu fin avril divers partenariats avec des compagnies de bus locales puis avec … Ouibus.

Cette collaboration prend la forme suivante : durant les 3 mois de grève SNCF, BlaBlaCar met à la vente des billets Ouibus sur sa plateforme. De son côté, la filiale de bus de la SNCF propose également à la vente des offres de covoiturage de la licorne.
Tandis que les lignes de Ouibus sélectionnées pour l’occasion desservent les grandes villes de Lyon, Toulouse, Caen et Orléans au départ de Paris, les trajets de covoiturage mis à la vente sur la plateforme de Ouibus s’arrêtent dans de plus petites destinations.

Ce système fonctionne si bien que BlaBlaCar a évoqué l’éventualité de proposer ces services jusqu’à la fin de l’été, même en cas de non prolongement de la grève SNCF. En effet, cela peut être une occasion pour BlaBlaCar de devenir rentable après plus de 10 ans d’activités. Affaire à suivre donc. Vous pouvez d’ailleurs retrouver des newsletters qui vous tiendront informés de ces services.

Du covoiturage, des bus … et des comparateurs !

Si la grève SCNF est une véritable opportunité pou BlaBlaCar, la start-up n’est pas la seule à en avoir profité. Au contraire, les autres compagnies de covoiturage ont-elle aussi prises leur part du gâteau. Parmi elles, nous retrouvons notamment iDVROOM qui n’est autre … qu’une autre filière de la SNCF. Les services de location de voitures entre particuliers ont également gagné en popularité suite aux mouvements sociaux.

Les compagnies de bus ne sont pas en reste comme la collaboration de BlaBlaCar et Ouibus l’a démontré. Le transporteur Flixbus cherche par ailleurs à capter la plus grande part des usagers en recherche de substituts aux trains SNCF. Pour cela, la compagnie propose des billets à partir de 4,99€, soit un centime moins cher que ses concurrents. Quant à savoir si cette stratégie est efficace, rien n’est moins sûr. En effet, environ 50% des villes desservies respectivement par Flixbus, Ouibus et Eurolines/Isilines leur sont inclusives. Cela réduit donc la concurrence entre ces trois acteurs.

Enfin, les derniers à profiter de ces perturbations sont les comparateurs. Les voyageurs ayant besoin de solutions alternatives lors des grèves SNCF sans trop mettre la main au porte-monnaie. Ces plateformes se révèlent alors être les outils parfaits pour dénicher le bus ou le trajet de covoiturage le moins cher parmi toute l’offre disponible.

En plus de détourner les usagers habituels des trains SNCF vers les bus et le covoiturage, la grève coûte très cher à la SNCF.

 

 

 

Catégories : Revue de presse

1 commentaire

L'histoire des grèves SNCF, annuelles mais toutes différentes - Grèves SNCF · 24 juin 2019 à 16 h 10 min

[…] assez importante et significative, or il faut faire des distinctions en termes d’impact et de conséquences pour les voyageurs. Ces différentes grèves n’ont pas toutes eu les mêmes répercussions. […]

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